vendredi 9 mars 2012
Mais qu'a-t-il de plus que nous ? Eloge du Royal Opera
Le temps passe, le temps passe... Bientôt, j'aurai l'occasion de vous parler comme chaque année des nouvelles saisons de quelques institutions culturelles choisies ; pour le moment, parlons un peu d'une d'entre elles, qui me tient de plus en plus à cœur : j'ai nommé le rendez-vous de la haute finance, le paradis des traders, la danseuse des marchés - le Royal Opera, donc, y compris le divin Royal Ballet dont je parlerai un peu plus bas.
mardi 21 février 2012
Baroque à tous les étages
Il n'est pas vraiment encore tout à fait entièrement là dehors à votre fenêtre, mais il approche : le printemps, Mesdames et Messieurs. Le printemps, mais pas n'importe quel printemps : un printemps baroque, Mesdames et Messieurs. À Paris et ailleurs, le baroque sera LA grande tendance de la saison en France, Paris, Province, Nord et Sud, Est et Ouest.
Oui, quand on n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent, on compense et on regarde vers l'AVENIR (forcément radieux, surtout après le 6 mai).
Oui, quand on n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent, on compense et on regarde vers l'AVENIR (forcément radieux, surtout après le 6 mai).
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| Costume de Bellone pour une reprise des Indes Galantes |
lundi 13 février 2012
Tirez sur l'intendant !
Ouh, le vilain mot ! Consonance française, mais hérédité allemande : Der Intendant, c'est en quelque sorte le mal incarné. Vous me direz que non, le mal incarné - à l'échelle du monde lyrique -, c'est le metteur en scène. Mais le monde évolue : au-dessus du metteur en scène, une nouvelle couche de malignité a sédimenté ces dernières années : le directeur d'opéra, qui ne se contente plus de consoler les divas au bord de la crise de nerf et d'enregistrer les pertes financières, mais se veut auteur de ses saisons : pas un artiste, certes, mais bien plus qu'un simple échelon administratif, quelqu'un qui fait des choix fondamentaux.
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| Sir Peter Jonas (à droite) avec Hans Werner Henze |
lundi 6 février 2012
Benjamin Lazar : plus vide, plus niais, plus plat
L’extrême droite culturelle ? En France, elle est déjà au pouvoir, et
depuis plusieurs années : c’est un peu le cas à l’Opéra de Paris, mais
ce n’est nulle part aussi cohérent, aussi assumé, aussi agressif aussi
qu’à l’Opéra-Comique. Et si le spectacle d’ouverture de la saison
(mini-saison, maxi-subventions*…), Amadis de Jean-Chrétien Bach, restait à
peu près digne tout en penchant du mauvais côté, L’Egisto de Cavalli
pondu ces jours-ci par quelques-uns des artistes favoris de la direction
de la maison est un véritable manifeste.
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Quoi ! vous avez le front de trouver cela beau ? (photo P. Grosbois) |
samedi 28 janvier 2012
La Chauve-souris : ça vous fait rire ?
Moi, oui, ça me fait rire. Pas La Chauve-souris, l'opérette de Johann Strauss, en elle-même : les histoires d'adultère bourgeois, c'est très bien pour Au théâtre ce soir, mais s'il vous plaît, je crois que ça suffit comme ça. Non, ce qui m'a fait bien rire, et une bonne partie du public aussi, c'est la version qu'en a proposé le jeune metteur en scène Thorleifur Örn Arnarsson, au nom aussi doux que celui des volcans de son pays natal, dans mon bien-aimé théâtre d'Augsbourg (représentations jusqu'au 18 avril - 45 minutes de train depuis Munich...).
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| Sally du Randt, Jan Friedrich Eggers (photo A. T. Schaefer) |
jeudi 26 janvier 2012
Le diable à quatre - ou pourquoi la Cité de la Musique est la meilleure salle de concerts du monde (au moins)
Excusez-moi, il me faut au moins 48 heures pour m'en remettre. Oui, le mois de janvier est sacré de toute éternité, parce que c'est le mois de la biennale du quatuor à cordes (de toute éternité depuis 2008, en fait, puisque les deux premières étaient en novembre) (les étymologistes antiquisants me diront que c'est le mois de Janus, parce que vulgarité et ridicule d'un côté (Manon à l'Opéra), intelligence et distinction d'autre part (non non, je ne suis pas en train de lire Tristram Shandy, je fais juste des parenthèses dans les parenthèses pour le plaisir)).
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| Mes héros. Surtout Tabea Zimmermann, mais les autres aussi (photo Marco Borggreve) |
vendredi 20 janvier 2012
Musicasola voyage, mais rend aussi hommage à Gustav Leonhardt (mauvais titre)
Oui, oui, c'est ça, trois messages d'un coup et après plus rien... Mais c'est que je n'ai pas rien fait, moi, ces temps-ci. Pour la partie de mes activités qui concerne mes chers lecteurs, je vais être très paresseux : je pourrais détailler critique par critique, avec un lien à chaque fois. Mais non : allez donc directement sur ma page de Resmusica ; vous y aurez droit à deux critiques en provenance de mon bien-aimé Théâtre de Bâle : une Carmen un peu décevante de Calixto Bieito, sauvé par une Carmen qui n'est pas loin d'être une véritable révélation, Tanja Ariane Baumgartner (qui avait chanté Geschwitz dans Lulu à Salzbourg), et une Rusalka (la première des deux Rusalka de cette saison...) mise en scène de façon imparfaite et brouillonne, mais intéressante, par une débutante prometteuse, Jurate Vansk.
Mais ce n'est pas tout : si vous patientez un tout petit peu, vous aurez droit sur cette même page à une critique du Don Carlo plein de stars donné en ce moment à l'Opéra de Munich (et en direct sur Internet, sur le site de la maison, ce dimanche soir - en direct uniquement, pas de séance de rattrapage) ; et un ou deux jours plus tard, un concert de la Radio Bavaroise dirigé par le grand seigneur Bernard Haitink (je me demanderai toujours pourquoi les concerts symphoniques que je critique comportent au moins une fois sur deux du Bruckner qui n'est quand même pas mon compositeur de prédilection - mais c'était la 4e, plus digeste, et c'était bien).
Bien sûr, je ne saurais oublier de rendre hommage, même rapidement, à l'admirable Gustav Leonhardt, que j'ai eu la chance de voir une dernière fois il y a moins d'un an, à Metz. D'abord parce que c'était un merveilleux claveciniste, amoureux des instruments autant que du répertoire, qu'il avait défriché avec un sixième sens unique, qui lui permettait de faire naître de la musique, vraiment, à partir de ce qui n'avait longtemps été que des gribouillis pour érudits. Ensuite parce qu'il avait une générosité incroyable, lui qui n'a jamais cessé de donner autant de concerts qu'il pouvait, pour toujours apporter cette musique au public sans jamais se mettre en avant. Austère, peut-être, sérieux, sans doute, mais avec aussi une chaleur humaine derrière la façade, et beaucoup d'amour. Enfin parce qu'il fait partie de ces quelques-uns à qui nous devons tout, lui qui a toujours combattu pour faire entendre ces musiques qu'une sotte vision du progrès faisait regarder avec condescendance - c'est d'autant plus important à dire qu'en ces temps de réaction triomphante tout ce travail vraiment créatif est mis en péril par l'armée des fossoyeurs, dont font partie, à titres divers, Nicolas Joel, Jean-Luc Choplin et Jérôme Deschamps. Mais oui, bien sûr, Massenet, Sondheim et Chabrier, c'est tellement mieux que Rameau, Froberger, Buxtehude et les autres...
Si j'avais le temps, je vous parlerais encore d'une autre petite chose : le Théâtre d'Augsbourg vient encore de frapper un grand coup avec une nouvelle production de La chauve-souris - oui, je sais, en général j'évite, mais à Augsbourg tout est possible. Juliane Votteler, l'intendante de cette discrète maison, a révélé depuis quelques années le grand talent de Jan Philipp Gloger, dont je vous avais amplement parlé et qui sera à l'oeuvre cet été à Bayreuth pour Le vaisseau fantôme. Cette fois, c'est en Islande, via Berlin, qu'elle a été faire son marché : je vous en dirai peut-être plus, mais j'espère bien entendre reparler de ce Thorleifur Örn Arnarsson. Peut-être, après tout, finirai-je par réussir à retenir son nom...
Mais ce n'est pas tout : si vous patientez un tout petit peu, vous aurez droit sur cette même page à une critique du Don Carlo plein de stars donné en ce moment à l'Opéra de Munich (et en direct sur Internet, sur le site de la maison, ce dimanche soir - en direct uniquement, pas de séance de rattrapage) ; et un ou deux jours plus tard, un concert de la Radio Bavaroise dirigé par le grand seigneur Bernard Haitink (je me demanderai toujours pourquoi les concerts symphoniques que je critique comportent au moins une fois sur deux du Bruckner qui n'est quand même pas mon compositeur de prédilection - mais c'était la 4e, plus digeste, et c'était bien).
Bien sûr, je ne saurais oublier de rendre hommage, même rapidement, à l'admirable Gustav Leonhardt, que j'ai eu la chance de voir une dernière fois il y a moins d'un an, à Metz. D'abord parce que c'était un merveilleux claveciniste, amoureux des instruments autant que du répertoire, qu'il avait défriché avec un sixième sens unique, qui lui permettait de faire naître de la musique, vraiment, à partir de ce qui n'avait longtemps été que des gribouillis pour érudits. Ensuite parce qu'il avait une générosité incroyable, lui qui n'a jamais cessé de donner autant de concerts qu'il pouvait, pour toujours apporter cette musique au public sans jamais se mettre en avant. Austère, peut-être, sérieux, sans doute, mais avec aussi une chaleur humaine derrière la façade, et beaucoup d'amour. Enfin parce qu'il fait partie de ces quelques-uns à qui nous devons tout, lui qui a toujours combattu pour faire entendre ces musiques qu'une sotte vision du progrès faisait regarder avec condescendance - c'est d'autant plus important à dire qu'en ces temps de réaction triomphante tout ce travail vraiment créatif est mis en péril par l'armée des fossoyeurs, dont font partie, à titres divers, Nicolas Joel, Jean-Luc Choplin et Jérôme Deschamps. Mais oui, bien sûr, Massenet, Sondheim et Chabrier, c'est tellement mieux que Rameau, Froberger, Buxtehude et les autres...
Si j'avais le temps, je vous parlerais encore d'une autre petite chose : le Théâtre d'Augsbourg vient encore de frapper un grand coup avec une nouvelle production de La chauve-souris - oui, je sais, en général j'évite, mais à Augsbourg tout est possible. Juliane Votteler, l'intendante de cette discrète maison, a révélé depuis quelques années le grand talent de Jan Philipp Gloger, dont je vous avais amplement parlé et qui sera à l'oeuvre cet été à Bayreuth pour Le vaisseau fantôme. Cette fois, c'est en Islande, via Berlin, qu'elle a été faire son marché : je vous en dirai peut-être plus, mais j'espère bien entendre reparler de ce Thorleifur Örn Arnarsson. Peut-être, après tout, finirai-je par réussir à retenir son nom...
jeudi 12 janvier 2012
Amadis en mode Economie d'énergie
Amadis de Gaule, l’opéra de Johann Christian Bach donné pendant quelques jours à l’Opéra-Comique, c’est une bénédiction pour un critique : ça ne casse pas la tête, on ne fâchera personne, c’est parfait pour un dimanche après-midi en mode ralenti, et en plus c’est vite écrit.
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| Pourquoi voulez-vous une mise en scène, puisque vous avez un décor et des costumes ? |
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