C’est la mode, tout le monde fait des listes. Voilà donc une
liste totalement suggestive de ballets que j’ai vus depuis 15 ans que je
fréquente l’Opéra de Paris (il ne comporte donc pas, si vous suivez, de ballets
sans doute géniaux et qui mériteraient d’être remontés, mais que je n’ai pas
vus, ni de ballets qui n’ont pas été donnés à l’Opéra pendant cette période), et
que j’aimerais revoir sans avoir la certitude qu’ils y soient jamais redonnés.
Liste au Père Noël. (non, Madame Lefèvre, le costume de Père Noël ne vous va
plus du tout).
vendredi 21 décembre 2012
Ballets oubliés (1)
dimanche 16 décembre 2012
Journal d'automne - Décembre (1)
1er décembre – Enfin les Contes ! Ce n’est pas du tout original, mais j’ai adoré
pouvoir enfin entendre le chef-d’œuvre absolu d’Offenbach ailleurs qu’au disque
(même si je continuerai à aimer au-delà des mots l’enregistrement de Kent
Nagano, le seul qui soit à la hauteur). Quand l’Opéra de Paris ose encore
aujourd’hui afficher Les contes d’Hoffmann
dans une version indignement charcutée de la partition, il faut aller à Pleyel –
avec son acoustique pourtant hostile – pour entendre enfin ce chef-d’œuvre qui appelle la scène à chaque
instant. Plus de trois heures de musique sublime, dirigé par un chef compétent
(que n’aura pas l’Opéra de Paris tant qu’il en restera à son charcutage), avec
des chanteurs capables sinon absolument enthousiasmants… Merci à donc à Marc
Minkowski et à Jean-Christophe Keck, restaurateur soigneux et passionné – même si
je n’ai pas tellement goûté les récitatifs qu’il a composés pour l’occasion,
qui m’ont paru trop chargés. Mais on espère tout de même un enregistrement de
cette version.
3 décembre – Les médias sont indispensables pour créer des agitations médiatiques inutiles autour de faits détournés en dépit du bon sens. Voilà qu'on nous rebat les oreilles d'une augmentation du budget de la culture en Allemagne. 8 %, les gars, rien de moins ! C'est sans doute factuellement vrai ; mais en déduire, comme je l'ai lu plusieurs fois, que l'Allemagne ferait un effort considérable (8 % !) pour investir dans la culture pendant que la France s'en désintéresserait, c'est surtout une belle marque de stupidité. Ce qui augmente(rait) de 8 %, c'est le budget culturel du Bund, de l'Etat central, qui ne représente pas grand-chose dans le financement de la culture en Allemagne. Pendant ce temps, les principaux financeurs que sont les communes (étranglées par les dettes), les Länder et les radios sabrent à grands traits dans leurs budgets culturels, qui sont sans commune mesure avec ce que dépensent les collectivités territoriales en France. Le sommet de l'horreur, c'est la fusion décidée des deux orchestres de la radio SWR (sud-ouest), celui de Stuttgart à résonnance uniquement locale et celui de Baden-Baden et Fribourg, qui est le symbole de la reconstruction culturelle de l'Allemagne d'après 1945, avec sa politique exceptionnelle en faveur de la création contemporaine sous la direction de chefs comme Hans Rosbaud, Ernest Bour, Michael Gielen, Sylvain Cambreling et aujourd'hui François-Xavier Roth. L'herbe n'est pas toujours plus verte ailleurs.
3 décembre – Les médias sont indispensables pour créer des agitations médiatiques inutiles autour de faits détournés en dépit du bon sens. Voilà qu'on nous rebat les oreilles d'une augmentation du budget de la culture en Allemagne. 8 %, les gars, rien de moins ! C'est sans doute factuellement vrai ; mais en déduire, comme je l'ai lu plusieurs fois, que l'Allemagne ferait un effort considérable (8 % !) pour investir dans la culture pendant que la France s'en désintéresserait, c'est surtout une belle marque de stupidité. Ce qui augmente(rait) de 8 %, c'est le budget culturel du Bund, de l'Etat central, qui ne représente pas grand-chose dans le financement de la culture en Allemagne. Pendant ce temps, les principaux financeurs que sont les communes (étranglées par les dettes), les Länder et les radios sabrent à grands traits dans leurs budgets culturels, qui sont sans commune mesure avec ce que dépensent les collectivités territoriales en France. Le sommet de l'horreur, c'est la fusion décidée des deux orchestres de la radio SWR (sud-ouest), celui de Stuttgart à résonnance uniquement locale et celui de Baden-Baden et Fribourg, qui est le symbole de la reconstruction culturelle de l'Allemagne d'après 1945, avec sa politique exceptionnelle en faveur de la création contemporaine sous la direction de chefs comme Hans Rosbaud, Ernest Bour, Michael Gielen, Sylvain Cambreling et aujourd'hui François-Xavier Roth. L'herbe n'est pas toujours plus verte ailleurs.
4 décembre – Il paraît que Cecilia Bartoli a été huée lors d’un
concert (dirigé par Daniel Barenboim) à la Scala : le monde lyrique ne s’en
remet pas, comme il ne se remet pas des huées adressées à Patrizia Ciofi lors
de la générale de La Traviata à
Avignon, ni de celles adressées au metteur en scène Yves Beaunesne à la
générale de Carmen à l’Opéra de
Paris. Malgré les similitudes, ces trois histoires sont pourtant très
différentes.
Les huées visant Patrizia Ciofi, qui avait fait le choix de
s’économiser pour pouvoir assurer au mieux les représentations, sont à la fois
indignes et stupides. Je défendrai toujours le droit de huer chanteur, chef ou
metteur en scène lors d’une représentation, mais on parle ici d’une chanteuse en
répétition qui n’a rien à prouver face à un public venu par privilège.
À Paris, le principe de la répétition s’applique aussi en
partie, mais on peut tout de même partir du principe que le produit « mise
en scène » est fini à ce stade et plus ou moins invariant. Je ne me
prononce bien entendu pas sur la valeur du spectacle que je ne verrai sans
doute pas…
À Milan, c’est encore différent : un public – fût-ce ce public – exprime son opinion sur la
prestation d’une artiste. S’y mêlait sans doute, il est vrai, une animosité
personnelle contre une chanteuse qui n’a pas dit que du bien du public italien,
et à qui on a certainement voulu rendre la monnaie de sa pièce. Vous en
penserez ce que vous voulez, mais j’avoue ne pas réussir à en vouloir au public
milanais. Car, je l’avoue, Mlle Bartoli m’horripile depuis quelques années.
Depuis qu’elle est devenue cette machine à faire des récitals bankable, faisant tourner le disque avec
la régularité métronomique d’un boys band bien huilé, et avec autant place pour la spontanéité sur scène (ses éternelles
quatre mines !). Et depuis que son chant, réduit ou presque au concert
soliste où elle est reine et n’a pas à craindre la concurrence de ses
collègues, est devenu une pure mécanique sans âme. Le contexte n’était
peut-être pas le bon, les hueurs milanais sans doute pas des gens fréquentables,
mais au fond de moi, quelque part, il y a un petit diable qui ricane
joyeusement. Eh oui.
8 décembre – Tiens, Sophie Koch à Metz, chantant Wagner (les Wesendonck et un air de Rienzi) et Strauss (la fin du prologue d'Ariane, bizarrement présentée comme un air). Dans l'écrin du récital (avec le décidément très honorable Orchestre National de Lorraine sous la direction de Jacques Mercier, son parfait directeur musical), la conduite purement instrumentale de la voix gêne moins que sur la scène de Bastille. Je ne succombe pas, mais c'est très agréable, en dehors des quelques bizarreries de prononciation.
9 décembre – Il apparaît que cette Carmen de l'Opéra de Paris est bien pire que ce que j'aurais pu imaginer. Je n'ai jamais cru un seul instant que les nouvelles productions récentes de Faust (Martinoty) ou de Manon (Serreau) puissent être autre chose que des catastrophes, et le résultat m'a donné raison. Pour cette Carmen, à l'inverse, j'avais quelques raisons d'être beaucoup moins pessimiste, à tel point que j'ai eu l'intention de prendre une place (heureusement, le système de réservation révoltant de l'Opéra de Paris m'en a empêché) : cette fois, visiblement, j'avais tort. Je crois que c'est historique, tout de même : metteur en scène hué, Carmen huée, Don José hué. Ce que j'ai entendu de la mise en scène m'a paru fort lamentable en effet ; je suis un peu triste pour Nikolai Shukoff, qu'on a déjà entendu à Paris dans ce rôle, et qui, indépendamment de sa prestation du soir, est un chanteur de valeur. Pour Mlle Antonacci, je dois avouer que les huées ne me surprennent en revanche pas. Sa Carmen de l'Opéra-Comique était déjà peu intéressante, sans couleur, sans profondeur. Mais depuis, il y a eu cette Cassandre (Les Troyens) à Londres, qui m'avait consterné par la dégradation de la voix, désormais réduite à une profération sans timbre. Mais dans le monde de l'opéra d'aujourd'hui, perdre sa voix n'est plus un problème, on peut très bien continuer sans. Voyez Dessay et d'autres.
8 décembre – Tiens, Sophie Koch à Metz, chantant Wagner (les Wesendonck et un air de Rienzi) et Strauss (la fin du prologue d'Ariane, bizarrement présentée comme un air). Dans l'écrin du récital (avec le décidément très honorable Orchestre National de Lorraine sous la direction de Jacques Mercier, son parfait directeur musical), la conduite purement instrumentale de la voix gêne moins que sur la scène de Bastille. Je ne succombe pas, mais c'est très agréable, en dehors des quelques bizarreries de prononciation.
9 décembre – Il apparaît que cette Carmen de l'Opéra de Paris est bien pire que ce que j'aurais pu imaginer. Je n'ai jamais cru un seul instant que les nouvelles productions récentes de Faust (Martinoty) ou de Manon (Serreau) puissent être autre chose que des catastrophes, et le résultat m'a donné raison. Pour cette Carmen, à l'inverse, j'avais quelques raisons d'être beaucoup moins pessimiste, à tel point que j'ai eu l'intention de prendre une place (heureusement, le système de réservation révoltant de l'Opéra de Paris m'en a empêché) : cette fois, visiblement, j'avais tort. Je crois que c'est historique, tout de même : metteur en scène hué, Carmen huée, Don José hué. Ce que j'ai entendu de la mise en scène m'a paru fort lamentable en effet ; je suis un peu triste pour Nikolai Shukoff, qu'on a déjà entendu à Paris dans ce rôle, et qui, indépendamment de sa prestation du soir, est un chanteur de valeur. Pour Mlle Antonacci, je dois avouer que les huées ne me surprennent en revanche pas. Sa Carmen de l'Opéra-Comique était déjà peu intéressante, sans couleur, sans profondeur. Mais depuis, il y a eu cette Cassandre (Les Troyens) à Londres, qui m'avait consterné par la dégradation de la voix, désormais réduite à une profération sans timbre. Mais dans le monde de l'opéra d'aujourd'hui, perdre sa voix n'est plus un problème, on peut très bien continuer sans. Voyez Dessay et d'autres.
mardi 4 décembre 2012
Journal d'automne - octobre/novembre 2012
Je pense que ça va devenir une habitude, avec toutes mes
excuses, pendant les périodes de débordement majuscule : quelques notes de
journal à défaut de messages plus construits – qui sait, peut-être arriverai-je
même un jour à les poster en direct, plutôt que de faire ça un mois plus tard…
dimanche 25 novembre 2012
Vertus des métropoles, charmes des provinces
Vous vous souvenez peut-être que je vous avais parlé d’un
troll qui venait orner mes messages d’une prose toujours agressive et rarement
nourrie de contenu (message aux trolls potentiels : plutôt que de me faire
grief des méchantes choses que je dis sur l’Opéra de Paris, dites-moi donc ce
qui s’y passe de beau, ça pourra m’instruire, qui sait ?). L’un de ses
derniers commentaires m’avait cependant bien amusé : comme je critiquais
une grande institution comme l’Opéra en faisant l’éloge de petites institutions
comme les théâtres de Bâle ou d’Augsbourg, il m’a accusé de ressasser une
« vindicte contre le parisianisme » et d’un éloge partisan de
« la province forcément vertueuse ». Et ça, il faut bien dire, ça m’a
fait beaucoup rire, parce que je me suis fait traiter pendant des années de
parisianiste méprisant la province, par exemple suite à ce que j’écrivais sur
le théâtre de Metz (dont je n’ai pas parlé depuis longtemps, d’ailleurs).
![]() |
| La Traviata à Augsbourg (photo Theater Augsburg) |
mercredi 7 novembre 2012
Salzbourg 2013 : mes premières réactions
Attention : ce message est évolutif ! Rechargez-le pour voir plus de détails !
Pendant ce temps, je twitterai aussi en anglais, à l'adresse que vous connaissez j'imagine tous : https://twitter.com/Musicasola
En direct du site du Festival tout juste mis à jour, voici mes premières réactions au nouveau programme. Je me concentrerai dans un premier temps sur les concerts, puisque comme d'habitude on savait d'avance à peu près tout sur l'opéra (et ça ne faisait pas plus envie que cela...).
Et côté interprètes ? Là aussi, le potentiel de découverte est proche de zéro : le plus jeune chef aura 55 ans l'été prochain !!! Rien à attendre d'Adam Fischer, de moins en moins de John Eliot Gardiner ; restent des chefs sympathiques et bien connus comme Thomas Hengelbrock, Ingo Metzmacher et Ivor Bolton...
Je suis plus réservé sur Michael Schade, très présent à Salzbourg ces dernières années : pas sûr que je prenne le risque d'un Voyage d'Hiver avec lui. Pour le reste, on ne sait pas ce que chantera Edita Gruberova, simple récital d'airs d'opéra ou vrai Liederabend. Erwin Schrott, mauvais chanteur, se contentera de massacrer du tango (oui, on est bien à Salzbourg), et Florez réjouira les amateurs d'opéra, tant pis pour ceux qui pensent que le Lied, à Salzbourg, mériterait une vraie place.
Pendant ce temps, je twitterai aussi en anglais, à l'adresse que vous connaissez j'imagine tous : https://twitter.com/Musicasola
En direct du site du Festival tout juste mis à jour, voici mes premières réactions au nouveau programme. Je me concentrerai dans un premier temps sur les concerts, puisque comme d'habitude on savait d'avance à peu près tout sur l'opéra (et ça ne faisait pas plus envie que cela...).
Les concerts
Les séries classiques
Mozart-Matineen
C'est la descente aux enfers pour cette série si attachante, avec un mélange hétéroclite de toute sorte de marchandises musicales. De nouveau, la série sert à vendre du contemporain (Takemitsu avec Hengelbrock), mais elle fait aussi la promotion d'une œuvre aussi peu connue et sous-estimée que la Pastorale de Beethoven (avec le médiocre Adam Fischer), ou elle poursuit la thématique patriotique avec une œuvre de Gerhard Wimberger, déjà oublié avant sa mort. On y joue un peu de Mozart, aussi, parfois, mais trop souvent des œuvres déjà très connues, en négligeant la vocation de découverte de la série : le Requiem par Hengelbrock, trois concertos pour piano de la maturité par Rudolf Buchbinder, le concerto pour clarinette...Et côté interprètes ? Là aussi, le potentiel de découverte est proche de zéro : le plus jeune chef aura 55 ans l'été prochain !!! Rien à attendre d'Adam Fischer, de moins en moins de John Eliot Gardiner ; restent des chefs sympathiques et bien connus comme Thomas Hengelbrock, Ingo Metzmacher et Ivor Bolton...
Wiener Philharmoniker
Là encore, l'absence d'originalité est terrible : peut-on croire que ces gens vont encore jouer un Requiem de Verdi (avec Muti) ? Bruckner est devenu le compositeur tutélaire des Viennois : cette fois, ce sera la 5e avec Thielemann, un chef que je n'apprécie pas plus dans ce répertoire qu'ailleurs. Le seul concert véritablement intéressant sera celui de Nikolaus Harnoncourt avec Les saisons de Haydn, mais je crains de ne pas être arrivé à Salzbourg suffisamment tôt.Liederabende
Christian Gerhaher, c'est devenu comme une obligation : cette fois, c'est Schumann, et je m'en réjouis comme je me serais réjoui d'à peu près n'importe quel programme de ce chanteur. Plus rare, la magnifique Juliane Banse chantera, elle aussi, Schumann, mais aussi La vie de Marie de Paul Hindemith, une œuvre que je ne connais pas (j'estime peu Hindemith, mais sait-on jamais).Je suis plus réservé sur Michael Schade, très présent à Salzbourg ces dernières années : pas sûr que je prenne le risque d'un Voyage d'Hiver avec lui. Pour le reste, on ne sait pas ce que chantera Edita Gruberova, simple récital d'airs d'opéra ou vrai Liederabend. Erwin Schrott, mauvais chanteur, se contentera de massacrer du tango (oui, on est bien à Salzbourg), et Florez réjouira les amateurs d'opéra, tant pis pour ceux qui pensent que le Lied, à Salzbourg, mériterait une vraie place.
Solistes et musique de chambre
Comme toujours, l'offre est trop riche pour qu'on commente tout ; à signaler, la suite de l'intégrale des quatuors de Beethoven par les Hagen, ce qui n'est quand même vraiment pas original (le fait que les Hagen soient de Salzbourg donne la teinte patriotique de la chose, qui me déplaît toujours autant) ; pour le reste, la musique de chambre disparaît presque totalement, tant elle est absorbée par d'autres séries, notamment le contemporain (c'est ce qu'on appelle le partage des nuisances...). Côté solistes, l'originalité est l'invitation de Rudolf Buchbinder, très populaire en pays germaniques, aux côtés de trois grands classiques, Kissin (beau programme varié), Pollini (Schumann/Chopin) et Sokolov.Les thèmes
El Sistema
Je ne sais pas si c'est vraiment très justifié artistiquement, mais le "Système" vénézuélien revient cette année, avec l'Orchestre Simón Bolívar et Gustavo Dudamel à tous les étages, notamment pour certaines parties du cycle Mahler (j'avais vu une Deuxième qui m'avait fort peu enthousiasmé).Ouverture spirituelle
La série, que je persiste à interpréter comme une exaltation très réactionnaire de l'Autriche catholique, se fait cette année plus discrète, tant elle se fond dans les autres séries.Côté contemporain
Japon
Un thème original, avec en vedette Toshio Hosokawa (j'en écoutais justement hier soir, quel hasard !), un compositeur que je connais mal mais qui me paraît fort estimable. À signaler, une création avec la délicieuse Anna Prohaska.Birtwistle
Autour de son opéra Gawain, le festival programme comme toujours pour les opéras contemporains quelques concerts ; j'avoue ne pas connaître vraiment ce compositeur, mais je suis toujours partisan de ce genre de plongées un peu intensives : en repartant de Salzbourg, j'espère, j'aurai une opinion un peu étayée sur son travail !Opéra
Faisons les choses simplement : ordre d'intérêt décroissant ! Opéras en concert à la suite, dans une rubrique à part.Gawain (Harrison Birtwistle)
Prioritaire, parce que l’œuvre n'a jamais été redonnée depuis la production initiale au Royal Opera, parce que la production est signée Alvis Hermannis, un des plus grands metteurs en scène européens, et parce que la distribution (Maltman, Aikin, Tomlinson) est bien tentante. Espérons que l’œuvre le mérite, c'est ma seule inconnue - oui, de taille !Lucio Silla (Mozart)
Autre rareté, surtout en version scénique, cet opéra de jeunesse de Mozart fait bien envie, pour peu que Marc Minkowski ne le laisse pas défigurer comme l'avait fait Günter Kramer avec Mitridate en 2005. Dommage seulement qu'il faille sacrifier le rôle-titre à Villazon pour avoir le droit d'entendre cet opéra à Salzbourg.Les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg (Wagner)
Evidemment, pourquoi payer les prix salzbourgeois quand la production viendra ensuite à Paris ? Si j'y vais, ce sera la première fois que je verrai une production de Stefan Herheim (eh oui, c'est possible), dont j'ai naturellement beaucoup entendu parler, même si ce que j'en ai entendu ne m'a pas toujours convaincu (et les Maîtres-Chanteurs ne sont pas Parsifal !). Ce qui justifie la position de cette production dans mon classement, c'est avant tout Daniele Gatti, qui n'est pas un bon chef en général, et qui dans ce répertoire germanique a une tendance à tout appuyer en jouant au Furtwängler d'aujourd'hui qui m'insupporte. Côté distribution, Michael Volle en Sachs est presque une évidence, les autres auront à faire leurs preuves.Norma (Bellini)
Ex aequo, à vrai dire, avec les Maîtres. L’œuvre me plaît beaucoup, j'ai à peu près confiance en Patrice Caurier et Moshe Leiser dont j'avais vu une très belle Cenerentola à Londres ; mais je ne suis pas sûr d'apprécier l'hystérie autour de Bartoli. Il va de soi, cependant, qu'une approche belcantiste et romantique de l’œuvre me va beaucoup mieux que certaines traditions plus lourdes dans cette œuvre !Don Carlo (Verdi)
Je sais, j'ai l'air de faire la fine bouche, parce que tous ces chanteurs ont déjà souvent chanté ces rôles, parfois ensemble d'ailleurs (j'avais vu Harteros et Kaufmann à Munich, par exemple). La version est celle en 5 actes (ouf), mais en italien (zut), et la mise en scène, avec Peter Stein, est absolument sans aucun espoir. Pappano est très bien dans ce répertoire, certes.Falstaff (Verdi)
Falstaff, c'est avant tout une question d'esprit d'équipe : la distribution ne comporte pas de stars, mais ce n'est pas nécessairement l'important. La mise en scène est confiée à un affidé de Pereira, ce qui m'inquiète (Damiano Michieletto); surtout, c'est Zubin Mehta qui dirige, et je ne le crois plus capable aujourd'hui de faire le travail d'infinie finesse que l’œuvre demande.Così fan tutte (Mozart)
Là, je ne fais pas la fine bouche : ce spectacle n'a simplement aucun intérêt, et même pire. Passe encore pour une distribution de routine zurichoise ; le double très gros problème, c'est d'une part le chef, qui n'a rien à dire dans Mozart (Franz Welser-Möst), d'autre part le metteur en scène Sven Eric Bechtolf, qui a massacré la pauvre Ariane à Naxos cet été et risque bien de ne pas faire mieux en 2013.Opéra en concert
Vous avez remarqué ? 2013, c'est le double centenaire Verdi/Wagner. Plusieurs versions de concert, donc : je suis sûr qu'Anna Netrebko vous a manqué dans ce que j'ai écrit précédemment ; elle sera bien là, avec Placido Domingo, pour une Giovanna d'Arco en concertlundi 15 octobre 2012
Médée et ses hommes
jeudi 11 octobre 2012
Kurtág ! - Quelques éléments de discographie
En complément du message précédent, et animé pour une fois du besoin étrange de me rendre utile, je voudrais signaler quelques disques et autres qui permettent d'appréhender au mieux l'oeuvre de Kurtág. Je ne cherche pas l'originalité : parmi les dizaines de disques qui comportent une ou plusieurs oeuvres de Kurtág, je voudrais simplement mentionner les essentiels.
(au passage, on peut se fier pour tout ce qui est antérieur à 2005 à une brochure PDF sur le site d'editio musica budapest : catalogue des oeuvres et discographie complète à la date de parution).
Musique pour cordes - Quatuor Keller, etc. - ECM New Series 1598 : principalement les quatuors à cordes, hormis le tout dernier.
Portrait-concert - András Keller, G. et M. Kurtág, Peter Eötvös, etc. - Col legno WWE 31870 : le tout-Budapest musical en visite à Salzbourg en 1993 pour un panorama passionnant de 30 ans de création musicale. Le CD n'est pas très bien édité mais on l'oublie en l'écoutant !
Grabstein für Stephan, Stele - Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado - Deutsche Grammophon 447 761-2 : Deux grandes oeuvres orchestrales placée en regard des Gruppen de Stockhausen ; Stele était une commande de Claudio Abbado. Récemment réédité.
Kafka-Fragmente - Juliane Banse, András Keller - ECM New Series 1965 : il aura fallu attendre 2006 pour disposer d'une version enthousiasmante de cette oeuvre essentielle...
Oeuvres pour soprano - Adrienne Csengery, etc. - Hungaroton HCD 31821 : Kurtág par son interprète-créatrice de l'époque où Kurtág n'était qu'un inconnu isolé du mauvais côté du rideau de fer.
Bridges - Quatuor Kuss - Sony 88697092162 : Parmi les très nombreux quatuors qui ont abordé Kurtág, voici l'une des traversées les plus originales, de Roland de Lassus à Thomas Adès en passant par Dowland et Stravinsky.
Hommage à R. Sch. - Kim Kashkashian, etc. - Dialogue entre Kurtág et Schumann, autour du trio du même nom op. 15d, qui reprend l'instrumentation des Märchenerzählungen op. 132. Kashkashian vient d'enregistrer un disque de Signes, jeux et messages (l'équivalent pour les cordes des Játékok pour le piano), à découvrir.
Les sept dernières paroles du Christ en croix - Jan Michiels - Eufoda 1356 : Kurtág et Janácek comme méditations sur les méditations de Haydn. Il n'y a que 5 minutes de Kurtág, mais c'est superbe.
Pierre Maréchaux, Grégoire Tosser (dir.), Ligatures. La pensée musicale de György Kurtág, Presses Universitaires de Rennes 2009.
Marta Grabosz, Jean-Paul Olive, Gestes, Fragments, Timbres. La musique de György Kurtág, L'Harmattan 2009.
En 1995, les genevoises éditions Contrechamps avaient eu la bonne idée de réunir un certain nombre de textes importants écrits en français jusqu'à cette date :
Philippe Albèra (dir.), György Kurtág. Entretiens, textes, écrits sur son oeuvre, Contrechamps 1995.
Mais elles ont fait mieux depuis : un volume tout entier consacré à des entretiens avec les Kurtág, qui vous fera entendre leur voix de manière profondément intime. Un livre passionnant, mais aussi drôle, touchant, profond :
Philippe Albèra (dir.) : György Kurtág - Entretiens, textes, dessins, Contrechamps 2009.
(au passage, on peut se fier pour tout ce qui est antérieur à 2005 à une brochure PDF sur le site d'editio musica budapest : catalogue des oeuvres et discographie complète à la date de parution).
Kurtág version authentique : les compagnons de route
Játékok et transcriptions de Bach - Márta et György Kurtág - ECM New Series 1619 : une autre version du programme entendu il y a quelques semaines.Musique pour cordes - Quatuor Keller, etc. - ECM New Series 1598 : principalement les quatuors à cordes, hormis le tout dernier.
Portrait-concert - András Keller, G. et M. Kurtág, Peter Eötvös, etc. - Col legno WWE 31870 : le tout-Budapest musical en visite à Salzbourg en 1993 pour un panorama passionnant de 30 ans de création musicale. Le CD n'est pas très bien édité mais on l'oublie en l'écoutant !
Grabstein für Stephan, Stele - Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado - Deutsche Grammophon 447 761-2 : Deux grandes oeuvres orchestrales placée en regard des Gruppen de Stockhausen ; Stele était une commande de Claudio Abbado. Récemment réédité.
Kafka-Fragmente - Juliane Banse, András Keller - ECM New Series 1965 : il aura fallu attendre 2006 pour disposer d'une version enthousiasmante de cette oeuvre essentielle...
Oeuvres pour soprano - Adrienne Csengery, etc. - Hungaroton HCD 31821 : Kurtág par son interprète-créatrice de l'époque où Kurtág n'était qu'un inconnu isolé du mauvais côté du rideau de fer.
Kurtág aujourd'hui : réappropriations
Kurtág's Ghosts - Marino Formenti - Kairos 0012902KAI : Une plongée fascinante dans l'univers musical d'un compositeur plus que tout autre héritier de toute la tradition musicale, de Guillaume de Machaut à Ligeti. Et une toute autre approche des pièces de Kurtág que celle des maîtres.Bridges - Quatuor Kuss - Sony 88697092162 : Parmi les très nombreux quatuors qui ont abordé Kurtág, voici l'une des traversées les plus originales, de Roland de Lassus à Thomas Adès en passant par Dowland et Stravinsky.
Hommage à R. Sch. - Kim Kashkashian, etc. - Dialogue entre Kurtág et Schumann, autour du trio du même nom op. 15d, qui reprend l'instrumentation des Märchenerzählungen op. 132. Kashkashian vient d'enregistrer un disque de Signes, jeux et messages (l'équivalent pour les cordes des Játékok pour le piano), à découvrir.
Les sept dernières paroles du Christ en croix - Jan Michiels - Eufoda 1356 : Kurtág et Janácek comme méditations sur les méditations de Haydn. Il n'y a que 5 minutes de Kurtág, mais c'est superbe.
Les livres
Il y en a quatre en français. Deux d'entre eux ont toute la profondeur, mais aussi un peu la sécheresse des colloques universitaires :Pierre Maréchaux, Grégoire Tosser (dir.), Ligatures. La pensée musicale de György Kurtág, Presses Universitaires de Rennes 2009.
Marta Grabosz, Jean-Paul Olive, Gestes, Fragments, Timbres. La musique de György Kurtág, L'Harmattan 2009.
En 1995, les genevoises éditions Contrechamps avaient eu la bonne idée de réunir un certain nombre de textes importants écrits en français jusqu'à cette date :
Philippe Albèra (dir.), György Kurtág. Entretiens, textes, écrits sur son oeuvre, Contrechamps 1995.
Mais elles ont fait mieux depuis : un volume tout entier consacré à des entretiens avec les Kurtág, qui vous fera entendre leur voix de manière profondément intime. Un livre passionnant, mais aussi drôle, touchant, profond :
Philippe Albèra (dir.) : György Kurtág - Entretiens, textes, dessins, Contrechamps 2009.
Un documentaire
Tout aussi recommandé que le livre précédent : un beau documentaire édité en DVD chez Ideale Audience sous le titre György Kurtág - L'homme allumette (avec un autre documentaire sur Peter Eötvös). Ne pas manquer, en particulier, l'apparition de Ligeti et son résumé très pertinent, en une seconde, de toute l'oeuvre de Kurtág.lundi 8 octobre 2012
In memoriam Nicolas Joel
Figurez-vous que je suis content. Content, bien sûr, parce que l'incertitude concernant l'avenir de l'Opéra de Paris est désormais levée. Content parce que Nicolas Joel, à cette occasion, a trouvé le moyen de se ridiculiser une fois de plus. Mais aussi, surtout, content parce que son vainqueur est Stéphane Lissner.
(je devais mettre en ligne un article de plus sur Kurtag, du côté des disques et des livres : ce sera pour très bientôt, l'actualité reprend ses droits !)
(je devais mettre en ligne un article de plus sur Kurtag, du côté des disques et des livres : ce sera pour très bientôt, l'actualité reprend ses droits !)
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