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| Je vous épargne pour le moment une vraie photo de scène. Vrai théâtre baroque : frontispice pour Amadis de Lully |
Ce spectacle prend place dans une vaste mouvance autour d'un metteur en scène dont j'ai déjà eu l'honneur de vous parler - et pas en bien -, messire Benjamin Lazar, élève du pionnier du théâtre baroque en France Eugene Green, qui contrairement à son maître a réussi à construire autour de lui toute une mouvance qui lui assure une notoriété et une puissance considérable.
Sans doute Benjamin Lazar n'a-t-il pas à subir les foudres dues au metteur en scène du spectacle, et sans doute ce dernier n'est-il pas seul coupable dans la débâcle de cette soirée. Le metteur en scène est en effet Jean-Denis Monory, qu'on a connu d'abord comme acteur dans le spectacle qui a révélé Benjamin Lazar au monde, ce Bourgeois gentilhomme depuis belle lurette commercialisé en DVD ; il fait donc partie de tout cet univers autour de Benjamin Lazar qui vont répandre la bonne parole "baroque" dans le monde (c'est-à-dire, pour l'essentiel, en France - mais la France et le monde, c'est pareil, non ?) ; d'autres noms qu'on pourra citer sont son assistante Louise Moati (qui a notamment monté un Rinaldo joué un peu partout) ou l'actrice Alexandra Rübner (Zémire et Azor l'an passé à l'Opéra-Comique).
Ce spectacle confirme parfaitement le caractère industriel de l'approche à l’œuvre chez cette bande : que la mise en scène soit faite par l'un ou par l'autre n'y change pas grand-chose. Ne parlons pas des décors et des costumes, particulièrement indigents ici quand ils visaient une certaine pompe de cour dans Le bourgeois ou dans Cadmus et Hermione, montés avec des moyens nettement supérieurs. Mais les deux fondements du "travail" "théâtral" sont exactement les mêmes : la diction d'une part, la gestuelle de l'autre, avec par ces deux moyens l'ambition de restituer une vérité au théâtre baroque.
