samedi 30 mars 2013

La Barbe à l'Opéra

Il ne doit pas y avoir grand-monde sur l'internet francophone de la musique classique qui ne soit pas au courant de l'intervention du collectif La Barbe lors des présentations de saison de l'Opéra de Paris et de la salle Pleyel, pour dénoncer l'exclusivité masculine des programmes des grandes institutions culturelles. Musicasola, fidèle à ses principes (toujours en retard sur l'actualité !), vous livre ici ses réflexions intempestives sur cet événement d'ampleur internationale.

lundi 25 mars 2013

Roland Petit à Garnier, visite à l'aïeul

Oui, donc, heu... Qu'est-ce que je voulais dire, déjà ? Ah oui, Roland Petit. Le spectacle que j'ai vu samedi après-midi. Alors, donc... Non, excusez-moi, j'ai du mal à me concentrer, mais il faut me comprendre : en fait, j'avais déjà vu ces pièces, mais elles m'étaient assez complètement sorties de la mémoire, et là, 48 h plus tard, elles sont doucement en train de se diriger vers la sortie.

Pourtant, je n'ai pas passé une mauvaise après-midi, pas du tout, je ne me suis même pas ennuyé - peut-être justement parce que je les voyais comme si c'était la première fois, ce qui est un moindre mal. Mes oreilles, certes, m'en veulent un peu, entre la soupe sentimentale de Kosma, les tombereaux de clichés de Dutilleux et l'horrible arrangement de Bizet (qui est peut-être le pire du spectacle, même si on va me dire que le camarade Chédrine, président honoraire de l'Union des compositeurs d'URSS, a fait encore pire, ce qui est une lapalissade). Mais finalement, ces trois ballets permettent de passer deux heures sympathiques, dont on se demande certes si elles méritent vraiment d'être financées avec de l'argent public, mais qui du moins n'ennuient pas. C'est d'ailleurs sans doute pour cela qu'elles sont faites, ces pièces : un produit de consommation courante que notre époque fétichiste ne se résout pas à remiser au magasin des chefs-d’œuvre réformés, entre Claudel et Massenet, avec un gardien qui, une fois par an, vient religieusement enlever la poussière en évitant de tapoter trop fort pour ne pas déranger les mythes - euh, les mites.

Ce qui est un peu embêtant, surtout, dans cette soirée, c'est que la chorégraphie de Petit est en quelque sorte un aspirateur à personnalités, et c'est quand même un peu embêtant, un spectacle où personne n'existe à ce point. Personne ne peut m'accuser d'être excessivement critique envers Alice Renavand, mais même elle, en Plus belle fille du monde du Rendez-vous, ne réussit pas à exister (et je ne vous parle pas de Ludmila Pagliero dans Carmen, pas aidée par la chorégraphie spécialement racoleuse de Petit, mais aussi par son absence totale d'imagination). Non, vraiment, pas une mauvaise après-midi, mais un petit goût sur la bouche, cette fadeur indescriptible que prend l'art officiel quand il est périmé.

vendredi 22 mars 2013

L'Opéra de Munich, le nouveau Kleiber et la cuisine de l'intendant


Avoir un port d’attache à l’étranger, c’est finalement assez courant chez les mélomanes, une maison qui n’est pas à portée de main mais qu’on fréquente régulièrement pendant des années, parce qu’on a des attaches dans la ville qui l’abrite, ou des raisons d’y séjourner souvent, ou un attachement particulier à un artiste qui y est déterminant. Pour moi, vous le savez, c’est l’Allemagne en général et l’Opéra de Munich en particulier – voir les critiques désormais à peu près innombrables que j’ai écrites pour Resmusica. Comme cette honorable maison vient de publier sa saison 2013/2014, j’ai pensé que je pouvais un petit peu plus en parler.

vendredi 15 mars 2013

Opéra de Paris 2013/2014 - Opéra

Dans un commentaire à mon message précédent, mon troll en résidence m'a confié qu'il attendait avec impatience mon "point de vue solipsiste" et mon fiel sur la saison lyrique : le voilà satisfait. Sauf qu'il faudrait juste lui dire qu'un blog, qui plus est écrit par quelqu'un qui ne veut surtout pas jouer au journaliste, c'est forcément personnel et qu'il est très facile de ne pas le lire (Marie-Aude Roux, cette vraie journaliste, dit des choses tellement plus intéressantes que moi) ; et que le fiel, ma foi... est fielleux quiconque n'aime pas la même chose que toi... je suis très heureux de l'état actuel du monde lyrique, et - surtout pour un provincial - l'état lamentable de l'Opéra de Paris ne me fait pas pleurer, vu ce que j'ai le plaisir de voir ailleurs, notamment en pays germanique !
Il n'y a pas pour moi dans cette nouvelle saison beaucoup plus de choses intéressantes que précédemment, même si évidemment le fait qu'elle ne soit pas comme l'actuelle plombée par ce Ring inepte donne un peu plus de place aux nouveautés, pas forcément très fraîches ceci dit.
Mes modèles, mes maîtres, mes inspirateurs


mardi 26 février 2013

Opéra de Paris 2013/2014 - Ballet

Fin de règne pour Brigitte Lefèvre... Enfin, enfin, enfin ! Disons-le pourtant : il y aura des kilogrammes de distributions idiotes, les reprises ne seront pas toujours montées avec le soin qu'elles mérites et vous aurez Ludmila Pagliero tous les soirs, MAIS il y a deux ou trois choses intéressantes, tout de même, et je ne perdrai pas le chemin de Bastille ou de Garnier la saison prochaine (attendez que je parle d'opéra...).
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c4/Sleeping_Beauty_-Anna_Johannson.jpg
La Belle au bois dormant, version 1892. Espérons que les danseurs de l'Opéra montreront un peu plus leur joie de vivre...

lundi 11 février 2013

Urgent - Reigen de Boesmans, enfin de l'opéra de qualité à Paris


Donc, l'opéra contemporain, c'est ennuyeux, abscons, pas écrit pour les voix, et en général l'orchestre casse les oreilles. Et les oeuvres, une fois qu'elles sont créées, on n'en entend plus parler, alors à quoi bon ?

samedi 9 février 2013

Réflexions désagréables sur l'expo Hopper

Oui, je sais, si je me mets à parler d'expositions sur ce blog, où va-t-on ? Déjà que je m'éparpille beaucoup sans avoir le temps de suivre les différents domaines que je prétends aborder... Mais tout de même, pour une fois, je vais parler d'une exposition. D'une exposition déjà terminée, qui plus est. Mais ce n'est pas grave, car le but de ce message n'est pas de vous encourager à y aller.

E. Hopper, Early Sunday Morning, Whitney Museum of American Art

jeudi 7 février 2013

Dix ans après, retour à l'Opéra

En France, le Premier ministre actuel s'appelle Lionel Jospin. Du moins sur une petite partie du territoire national, relié par la ligne 8 du métro parisien et allant de la place de la Bastille à celle de l'Opéra (on dirait un itinéraire de manif) : comme vous l'aurez compris, je suis allé voir deux des reprises de cette saison pauvre en nouvelles productions à l'Opéra de Paris, Khovanchtchina de Moussorgsky à Bastille, Le Nain de Zemlinsky et L'enfant et les sortilèges de Ravel à Garnier.
De la mortalité de l'art théâtral : comment ce qui était supportable en 1999 est-il devenu aussi ringard ?