jeudi 18 septembre 2014

Bayreuth dernière

Il y a presque un an, j'avais fait part de mes doutes à propos de Bayreuth au moment même où je venais d'acheter mes places  ; il y a un mois, le "grand jour" est arrivé, celui où je rentrais pour la première fois dans l'"enceinte sacrée" du Festspielhaus. Je suis venu, j'ai vu, je ne reviendrai plus.

mercredi 10 septembre 2014

Salzbourg 2014 (4) - Mes étoiles de concert

Un seul message pour une vingtaine de concerts, c’est peu, surtout que (comme certains peinent visiblement à le comprendre) les concerts sont pour moi la raison essentielle de ma venue à Salzbourg, à côté d’une programmation lyrique qui est de toute façon faible depuis très longtemps (et qui a atteint cette année, il faut bien dire, un degré d’inexistence artistique assez inédit, Charlotte Salomon exceptée). Et pour vous convaincre que j’ai passé cette année un excellent été salzbourgeois, je ne vais pas procéder par une (forcément laborieuse) récapitulation concert par concert, mais simplement faire la liste des principales étoiles qui ont marqué les deux semaines et demie que j’ai passé chez nos seigneurs les princes-archevêques. Il y a eu aussi des mauvais concerts, mais ne nous souvenons que des bons.

Anna Prohaska

Un nom à découvrir pour beaucoup, une évidence pour moi : je ne sais plus quand j’ai pris conscience de l’immense talent de cette chanteuse qui a fêté cette année ses 30 ans, mais ça ne date pas d’hier : déjà, en 2012, elle avait chanté trois Lieder de Mozart avec András Schiff, et j’en attendais déjà beaucoup à l’époque. Cette année comme en 2012, mes attentes étaient himalayesques ; cette année comme en 2012, elles n’ont pas été déçues. Cette fois, c’est à un récital complet que nous avons eu droit, correspondant exactement au disque publié il y a quelques semaines (et que je vous recommande chaleureusement, cela va sans dire) : un programme thématique comme elle aime en construire, de Beethoven à Wolfgang Rihm, autour de la guerre, dans ses mythes comme dans sa réalité. J’ai déjà fait une critique pour Resmusica : il n’est pas forcément indispensable que je souligne encore l’intensité exceptionnelle de l’interprétation sans affectation. La seule frustration qu’on tire de ce récital est que, si intelligent qu’en soit le programme, la qualité de ce Schubert, de ce Mahler, de ces Eisler est telle qu’on aimerait entendre par elle un récital complet consacré à Schubert, à Mahler, à Eisler (oui, car je me dis de plus en plus que l'oubli dans lequel demeure Eisler n'est pas forcément très juste, mais c'est une autre affaire).

Christian Gerhaher et Gerhold Huber

On n’entend jamais trop de Schubert, mais il faut bien dire que la frilosité des programmateurs qui ne veulent afficher en matière de Lied que les trois cycles bien connus au détriment des centaines de Lieder indépendants. Ouf, Gerhaher ose imposer un programme qui parcourt tout l’œuvre de Schubert autour des textes de Goethe. La seconde partie comporte quelques tubes, Prométhée et autres, mais la première enchaîne les raretés, presque toutes mémorables (il y a décidément moins d’œuvres faibles chez Schubert adolescent en matière de Lied qu’ailleurs !) ; quelques Rihm viennent interrompre le concert, mais il faut bien avouer qu'ils ne sont pas tout à fait du même niveau : bien écrits, intelligents, ça oui, mais tellement attendus. Cela fait quatre ans que je vois chaque été un Liederabend de Christian Gerhaher et de son éblouissant pianiste Gerhold Huber, à Munich et/ou à Salzbourg : celui-là est sans doute un des meilleurs, parce qu'avec Mahler Schubert est leur compositeur idéal. C'est sans doute banal de dire que Gerhaher est un diseur au moins autant qu'un chanteur, mais ça me paraît toujours aussi marquant : ce n'est pas un Fischer-Dieskau ou un Quasthoff qui séduisaient par la simple splendeur vocale (non que ce soit leur seul atout, bien sûr), et la pure voix de Gerhaher est d'un velours remarquable, mais le mot prime chez lui comme chez personne d'autre, quitte à chercher parfois la vérité dans une émission qui a l'immédiateté de la voix parlée. Le vrai poète, le vrai prophète, n'a pas besoin d'élever la voix pour qu'on l'écoute.

Mozarteum-Orchester Salzburg

L’orchestre du Festival de Salzbourg, pour moi, ce n’est pas l’Orchestre philharmonique de Vienne (les deux concerts que j’ai vu par eux cette année n’étaient pas mauvais, mais sans ivresse), c’est le très polyvalent orchestre du Mozarteum, qui assure depuis un demi-siècle les Mozart-Matineen du week-end, mais aussi toute sorte d’opéras et de concerts et bénéficie jusqu’en 2016 d’un partenariat exceptionnel avec son directeur musical Ivor Bolton. Cette année, je l’ai vu pas moins de cinq fois. Ce n’est pas, évidemment, avec Adam Fischer qu’il aura été à son meilleur cette année (Pereira parti, j’imagine qu’on ne reverra plus ce chef à Salzbourg), mais l’ensemble des Mozart-Matineen offre toujours une lecture de Mozart qui me réjouit, souvent spirituelle et d’un naturel irrésistible, mais aussi en quelque sorte râpeuse, terrienne, pas prosaïque mais à portée d’homme. Le Mozarteum a aussi assuré un des concerts du cycle Dalbavie, avec à la baguette Christoph Eschenbach : c’est sans doute le concert le plus inégal que j’aie entendu depuis bien longtemps. En première partie, une 21e symphonie de Haydn d’une sinistre froideur, puis un très agréable concerto pour flûte de Dalbavie (pas très profond, d’accord, mais divertissant) ; la seconde partie, elle, enchaîne un concerto pour violoncelle parfaitement assommant du même et la première symphonie de Beethoven : après le Haydn de la première partie, il y avait de quoi craindre le pire pour cette œuvre si haydnienne – mais voilà notre Eschenbach tout transformé, qui virevolte avec un orchestre qui semble retrouver le bonheur de jouer : râpeux, terrien, ça oui, mais vivant, mobile, drôle quand il faut. Drôle d’individu, cet Eschenbach !

Maurizio Pollini

Oui, bon, le programme piano de cette édition ne respire pas franchement l’originalité : pour ce qui me concerne, Kissin, Sokolov et Pollini, dans les programmes qu’ils ont joué ou vont jouer un peu partout dans le monde. Mais voilà, je n’habite pas à côté de la salle Pleyel, et Salzbourg est finalement bien pratique pour voir régulièrement ces gens-là qui méritent tout de même un peu qu’on aille les écouter de temps en temps. Pollini, évidemment, redonne là un programme que, sauf erreur, j’avais déjà entendu tel quel il y a des années à la Cité de la Musique : études de Chopin, op. 28, et Debussy, Premier Livre, ce qui ne constitue pas mon programme préféré (mon aversion pour le piano de Debussy étant aussi inexplicable que solide). Mais ce que propose Pollini est toujours précieux, parce que chaque note est toujours essentielle, parce qu’on n’oublie jamais le chemin au prétexte de la destination, parce qu’il joue pour l’humanité et pas pour les amateurs de piano. J’ai commencé à suivre les récitals salzbourgeois de Pollini seulement en 2012 (Beethoven op. 109, 110, 111 en 2012, Schumann et Chopin en 2013), je continuerais volontiers encore un bon moment s’il voulait bien continuer lui aussi.

Grigori Sokolov

C’est amusant, Sokolov est devenu le pianiste chéri du public salzbourgeois, plus encore peut-être que Pollini (mais pas au point de faire silence pendant les concerts, hélas). Le rite suivi par Sokolov n’a pourtant rien qui puisse immédiatement parler au public mondain du festival, qui peine à comprendre à quel point Sokolov n’aime pas le tapage des applaudissements (je compatis) et est bien embarrassé devant la litanie des bis qui met en péril les réservations au restaurant après le concert. Et puis ce Chopin qui était au programme de ce récital (comme les Schubert des bis d’ailleurs), ce n’est pas tout confort, et ce n’est même pas payant en termes de virtuosité. Tandis que Pollini construit, Sokolov bouscule : tout dans la partition qu’il a devant les yeux semble un problème pour lui, un obstacle qu’il faut bien prendre à bras le corps – et naturellement c’est bien ça qui est passionnant, cette exploration heurtée qui nous rappelle que notre musique dite classique est tout sauf un robinet de politesses sonores pour gens bien élevés.

Luigi Nono

Oh, je sais, cela ne se fait pas : être béat devant du zim-boum-boum par Anna Netrebko, c'est très bien, et c'est même obligatoire ; être béat devant Nono ou tout autre pièce de musique après 1945, c'est être forcément snob, élitiste, et d'un certain côté ça ne peut pas vraiment être sincère. Il paraît que Guai ai gelidi mostri dure 43 minutes, c'est l'IRCAM qui le dit; je n'en sais rien moi-même, tant j'ai été tétanisé par la beauté surhumaine de cette musique flottant dans les espaces infinis (ou presque) de la Kollegienkirche - un de ces rares cas où il faut que je me fasse violence pour applaudir tant l'émotion est forte et prolongée. Voilà le genre de concerts pour lesquels je viens à Salzbourg. Et c'était Cambreling qui dirigeait, ce qui fait toujours plaisir (vous savez, ce grand chef français que nous avons eu la chance de voir si souvent à Paris quand il y avait un opéra à Paris). Et j'ai fait une critique pour Resmusica : je ne sais pas si c'est possible de rendre par écrit cet enchantement.

Salonen et le Philharmonia

Je ne suis pas un admirateur éperdu de Salonen, mais le concert qu’il a donné avec l’orchestre londonien dont il est directeur musical m’a complètement convaincu. D’abord parce qu’il y a un programme qui a du sens : si vous voulez, le monde d’hier (Strauss, Don Quichotte, et sa narration au premier degré), la catastrophe à venir (les Trois pièces op. 6 de Berg, écrites en 1913), le bilan d’un effondrement (La Valse de Ravel). Là encore, j’ai eu le plaisir d’écrire une critique pour Resmusica (oui, les critiques s’écrivent avec plus ou moins de plaisir – pas tellement en fonction de la qualité du concert, plutôt de la difficulté qu’il y a à les écrire et de l'envie qu'on a, quand le spectacle a été bon, de rendre justice à tout ce qu'il vous a apporté) ; ce que je peux ajouter ici, c'est que fait Salonen, c'est simplement ce qui constitue la probité d'un artiste : aller chercher sa vérité sans s'encombrer des idées reçues. Un concert modèle.

La Création, Haitink et les Bavarois

C'est un mensonge : je n'étais pas à Salzbourg le 18 juillet pour La Création de Haydn par l'Orchestre et le Chœur de la Radio Bavaroise dirigés par Bernard Haitink. Non, mais j'étais le 20 dans la grande et belle basilique rococo d'Ottobeuren, pour le même concert par les mêmes interprètes. Là encore, Resmusica est là pour la vraie critique ; je dirai seulement ici qu'au-delà du plaisir déjà immense que j'ai éprouvé à retrouver cette œuvre qui ne sonne bien qu'en vrai je suis profondément heureux de cette chance que j'ai de suivre le travail de cet orchestre et de ce chœur merveilleux ; ni l'un ni l'autre ne sont parmi les plus audacieux en matière de répertoire et de création, c'est vrai, mais il faut parfois accepter de contempler la perfection de pareils diamants sans leur reprocher de briller toujours de la même façon.

dimanche 24 août 2014

Salzbourg 2014 (2) - Opéra : Don Giovanni et Fierrabras

Don Giovanni

La très relative bonne surprise est venue de Don Giovanni : l’équipe Sven-Eric Bechtolf (mise en scène)/Christoph Eschenbach (direction) ne m’inspirait aucune confiance, mais il n’y avait vraiment rien d’autre ce soir-là, et ma foi, mon attachement pour le Festival fait que j’aime bien savoir ce qui s’y passe, fût-ce parfois au prix d’une soirée pénible. Sur la production de Bechtolf, la seule chose positive que je peux dire est que c’est toujours mieux que son insupportable Ariane à Naxos dans ce même lieu (qui existe désormais en DVD, quel bonheur) : c’est très ennuyeux, il n’y a aucune idée, mais au moins, justement, il n’y a aucune idée, ce qui est mieux avec lui que quand il y en a. Tout se passe dans un hall d’hôtel, comme dans la production de Keith Warner que j’avais vue au Theater an der Wien il y a longtemps et qui datait d’il y a encore plus longtemps. Soit.

La distribution, elle, n’est naturellement pas du niveau que j’attends à Salzbourg ; le mieux, c’est D’Arcangelo et Pisaroni, qui ont de toute façon chanté leurs rôles sur toutes les scènes du monde ; il n’y a en revanche pas grand-chose à sauver des autres, de ceux qu’on aurait voulu nous faire « découvrir » : Lenneke Ruiten en Donna Anna manque de couleur et de poids, mais elle a l’excuse qu’Eschenbach semble ne pas du tout s’intéresser à son personnage ; Annett Fritsch (Elvira) est tout à fait inexistante ; quand à Andrew Staples (Ottavio), on aimerait en dire autant, tant le timbre est insupportablement aigre (à ce point, on se dit que ce ne peut être qu’une méforme passagère ; je ne crois tout de même pas qu’Alexander Pereira nous aurait offert ça volontairement).

La relative bonne surprise, donc, horresco referens, c’est Eschenbach lui-même, et les Viennois avec lui. Les deux dernières fois que j’avais vu DG à Salzbourg, dans la peu reluisante production de Claus Guth, c’était sous de Billy (calamiteux) puis Nézet-Séguin (inexistant et chichiteux). Là, bien sûr, ça manque pas mal de théâtre, il y a des moments de creux, et on sent encore et toujours que les baroqueux c’est le mal, et c’est très lent ; mais tout de même, c’est tenu, il y a une logique et une cohérence dans cette lenteur. Mon souvenir précédent d’Eschenbach à l’opéra, c’était le Ring du Châtelet en 2005, un naufrage inégalable ; vous pouvez donc penser que je n’étais pas prêt à beaucoup de mansuétude, et pourtant voilà : non seulement je trouve qu’il aurait été très injuste qu’il reçoive les mêmes huées que l’année dernière pour Così, mais j’ai même trouvé qu’un peu plus de chaleur à son encontre lors des saluts n’aurait pas été volée. Ce n'est pas mon Mozart, mais c'est un Mozart digne et cohérent. On reverra Eschenbach faire une apparition côté concerts, pour une étrange et intéressante soirée.

Fierrabras

Le point commun avec Fierrabras, c’est l’orchestre, ces Viennois qui m’intéressent beaucoup moins que leurs concurrents directs, Berlinois, Radio Bavaroise ou Concertgebouw. Le choix de monter le dernier opéra achevé de Schubert avait été à l’origine une réponse au souhait de Nikolaus Harnoncourt de diriger cet opéra ; Harnoncourt ayant renoncé pour raisons d’âge, c’est Ingo Metzmacher, qui devait diriger le Dalbavie, qui a récupéré le bébé. J’aime beaucoup Metzmacher dans le répertoire moderne, j’avais quelques interrogations pour Schubert, mais elles se sont révélées infondées : un son très riche, varié, vivant ; un vrai professionnel efficace et compétent, ça vaut souvent mieux que les stars de la baguette à la mode, et au moins dans ce répertoire rare l’or
chestre ne peut pas se reposer sur ses habitudes.


Saurez-vous reconnaître les gentils des méchants ? Fierrabras vu par Peter Stein. Photo Salzburger Festspiele/Monika Ritterhaus
Là encore, hélas, les qualités du spectacle s’arrêtent à peu près là : je ne dirai pas du mal individuellement des chanteurs, puisque je n’ai vu qu’une générale (je n'aurais pas forcément payé pour cela, et puis le soir de la première, il y avait Pollini, qui est quand même un peu plus intéressant), mais vraiment, hors Dorothea Röschmann, il n’y a pas eu beaucoup de plaisir vocal. 
Côté mise en scène, c’est Peter Stein qui signe le pensum : Stein est un type extrêmement sympathique, qui après avoir pensé quand il était jeune que tous les vieux étaient des imbéciles, a découvert en devenant lui-même vieux que c’était les jeunes qui étaient des crétins. Il s’est donc réfugié dans un style rétro à souhait, qu’il vend comme le retour à une vraie et authentique tradition (qu'il a été le premier à dynamiter quand il était jeune) ; et en effet, il refait pour Fierrabras la Cenerentola de Jean-Pierre Ponnelle, millésime 1974, avec des décors constitués d’agrandissements de gravures (noir et blanc, donc). Dans le monde de Peter Stein, on peut encore sans scrupule peinturlurer le visage des (méchants) Maures en noir, au premier degré du racisme inconscient.
Par ailleurs, il s’est visiblement dispensé de répéter avec les chanteurs qui parviennent à des sommets de gaucherie, en particulier le jeune Benjamin Bernheim. C’est souvent maladroit (les lumières!!!), mais plus souvent encore drôle, involontairement ; le plus comique (réel succès autour de moi), c’est le cœur rouge qui apporte la seule touche de couleur  du spectacle, en guise d’image finale. La dernière fois que j'avais vu un spectacle de Peter Stein, c'était La Cruche cassée, au Berliner Ensemble : ce que je peux en dire, c'est qu'il y avait des poules (des vraies, vivantes), et qu'elles étaient les seules à déranger un peu la poussière. Là, hélas, ni poules, ni rats*...
Difficile de dire, dans ces conditions, ce qu'il faut penser de l’œuvre, à laquelle Alexander Pereira semble tenir beaucoup (cf. le DVD de Zurich avec Jonas Kaufmann) : le surtitrage est une invention diabolique, parce qu'on ne peut souvent s'empêcher de rire à la lecture détaillée du texte, et le livret ne crée jamais une situation dramatique intéressante ; on sent tout de même Schubert là-dessous, dans les chœurs, parfois dans les ensembles, assez peu dans les airs - concentrons-nous plutôt sur les dizaines de chefs-d’œuvre réels que nous a laissés Schubert !

*Allusion subtile à la mise en scène de Lohengrin à Bayreuth par Hans Neuenfels, dont je vous reparlerai.

mercredi 20 août 2014

Salzbourg 2014 (1) - Généralités sur le programme lyrique


Ça y est, ou presque : la malheureuse « Ère Pereira » touche à son terme à Salzbourg, et même si rien n’indique que les deux prochaines années d’intérim seront beaucoup plus heureuses que les trois étés qu’il aura dirigés, cette fin précipitée est la moins mauvaise des solutions, et il n’est plus très utile de souligner à quel point sa nomination était une idée vouée à mal tourner dès son origine.
Ceci étant, cet été salzbourgeois aura été pour moi de très loin le meilleur de ce court règne, non pas tant grâce à une programmation sensiblement plus intelligente qu’en 2012 et 2013 que grâce à mes choix dans ce programme, et souvent plutôt dans les marges du programme que dans ce qui devait être les axes fondateurs du programme de Pereira. De manière caractéristique mais non surprenante, aucun des plus grands moments du festival n’est à mettre au compte de ce qui est pourtant censé être le joyau du festival, c’est-à-dire la programmation lyrique. Tout ce qui concerne l'opéra à Salzbourg n’est donc pas très positif, mais attendez la suite, c’est-à-dire les concerts.

Dalbavie, Charlotte Salomon, avec Marianne Crebassa (de face). Photo Salzburger Festspiele/Ruth Waltz


vendredi 25 octobre 2013

Salzbourg 2014 : le programme complet

ACTUALISATION : LE LIEN A DISPARU, VOIR MON COMMENTAIRE CI-DESSOUS !

Incroyable mais vrai : une très simple astuce permet (mais peut-être pas pour longtemps) de consulter le programme du Festival de Salzbourg presque complet deux semaines avant sa divulgation officielle. Il suffit de cliquer sur ce lien : voici donc mes premiers commentaires...

lundi 14 octobre 2013

Bayreuth, me voilà (ou pas)

Eh oui, tant pis pour vous si vous l'avez loupé : la mise en vente directe, en ligne, des places pour une petite moitié des représentations du Festival de Bayreuth 2014, c'était hier. Alors, c'était comment ? Pénible, évidemment, mais j'en suis sorti au bout d'une heure et quart environ avec les deux places demandées pour les deux (seuls) opéras que je souhaitais y voir, Lohengrin (pour la mise en scène "avec les rats" de Hans Neuenfels) et Le vaisseau fantôme.

lundi 9 septembre 2013

Salzbourg 2013, les concerts : de tout un peu (3)

Arrivons-en, enfin, à ce qui relève de la programmation proprement dite, ces concerts que l'intendant, a priori, a véritablement fait naître en en choisissant les artistes et le programme. Tout n'est pas raté, là-dedans, bien sûr, mais comme on dit dans Billy Budd : "Always some diffect, always an imperfection"...

lundi 2 septembre 2013

Salzbourg 2013 : les concerts, de tout un peu (2)

Donc, je vous parlais dans un post précédent de la première catégorie de bons concerts à Salzbourg 2013 (parce que ça dit aussi des choses sur comment on réussit, ou pas, une programmation qui est un tout, un peu comme quatre morceaux orchestraux forment une symphonie, voilà...), celle des concerts de toute façon réussie même quand l'intendant fait des efforts pour gâcher le travail des autres. J'en arrive donc à la seconde catégorie, celle des concerts que n'importe qui pourvu de phynances abondantes et d'une connaissance minimale du milieu peut réussir, parce que de toute façon ils ne sont pas produits pour l'occasion (produits, c'est-à-dire choisis, appris, répétés), qu'ils sont donc en quelque sorte amortis.

mercredi 28 août 2013

Salzbourg 2013 : les concerts, de tout un peu (1)

Donc, comme vous aurez pu le comprendre dans le message précédent, je vais d'abord à Salzbourg pour les concerts ; et naturellement, le bilan ne saurait être aussi négatif, parce qu'il est difficile de ne choisir que des mauvais artistes dans des programmes médiocres, même quand on essaie très fort. Contrairement à ses prédécesseurs, Alexander Pereira a cru bon d'assumer lui-même la programmation des concerts, et il est évident que, cette année plus encore que l'an passé, il n'y a consacré que le peu de temps laissé par le secteur lyrique (notamment du fait de l'année Wagner/Verdi). D'où une impression générale d'incohérence et de course au plus pressé.

dimanche 25 août 2013

L'opéra à Salzbourg au fond du trou



Pour moi, Salzbourg n’a jamais été un festival d’opéra ; je n'ai pas besoin de Salzbourg pour l'opéra, je n'ai pas besoin de l'opéra à Salzbourg. L’opéra est ce qui attire le plus l’attention, entre autres parce qu’il excite à merveille la passion de nos contemporains lyricomanes et non lyricomanes pour le people, mais ce n’est qu’un fragment de ce qui se passe à Salzbourg. Ceci étant, puisque j’y suis, j’y vais voir chaque année quelques opéras, et cette année d’autant plus qu’en raison des anniversaires Verdi et Wagner l’opéra tenait une place particulièrement démesurée dans la programmation.

jeudi 22 août 2013

Wiener Philharmoniker - Festival de Salzbourg : les voyages forment la jeunesse

Quel festival ! Je ne parle pas du Festival de Salzbourg lui-même, concerts, opéras et pièces de théâtre, mais du festival de coups bas, de petites phrases et de grandes déclarations auxquels se livrent depuis plusieurs mois les responsables du festival, les politiques autrichiens et quelques artistes choisis autour du présent et de l'avenir du plus prestigieux festival du monde - ou en tout cas du plus cher. Ma déclaration préférée, c'est celle de l'Intendant (directeur artistique) Alexander Pereira qualifiant de "cris d'orfraie répugnants" les craintes de la présidente du festival qu'un déficit vienne pour la première fois depuis longtemps entacher les comptes du festival. Mais ce n'est pas encore là la grande affaire : voilà que l'Orchestre Philharmonique de Vienne s'en va. Ou presque.

mercredi 29 août 2012

Salzbourg 2012 (4) - Les concerts, vue d'ensemble

Ceux qui me lisent régulièrement le savent bien : pour moi, Salzbourg, ce n'est pas que l'opéra, c'est aussi, et avant tout, les concerts. J'ai vu pour cette année une bonne vingtaine de concerts, certains très prestigieux, d'autres pas du tout, certains très pleins, d'autres beaucoup moins ; je ne vais pas, évidemment, écrire trois pages sur chacun d'eux, mais je vais vous en parler en deux parties : la première plus institutionnelle, concernant la programmation et la manière dont j'ai pu en vivre la réalisation (message très critique, comme vous verrez), la seconde plus personnelle, où j'ai pris le parti héroïque de ne parler que des moments exceptionnels que m'a offert cette année, malgré sa direction, le festival.

mercredi 22 août 2012

Salzbourg 2012 (3) - Les Soldats, retour sur une oeuvre maudite et sanctifiée


Victoire par K.O. : on savait bien que cette nouvelle production de l’opéra unique et monumental de Bernd Alois Zimmermann Les soldats avait tout pour être l’événement (et pour servir de cache-misère culturel à une programmation par ailleurs très commerciale) ; par chance, le pari est réussi, pleinement, et le triomphe public lors de la générale et lors de la première ont toutes les chances d’êtres suivies par un triomphe critique.
Car oui, ayant en poche une place pour la première, j’ai pris la peine d’aller mendier devant la salle une place pour la générale, me disant qu’il ne pouvait pas être inutile de voir deux fois un pareil monument, que l’écoute aveugle ne m’avait jusqu’alors guère révélé.

Malheureusement, comme souvent, aucune photo correcte pour donner une vue d'ensemble... (Photo Ruth Walz)

vendredi 10 août 2012

Salzbourg 2012 (1) - Ariane à Naxos, version originale modifiée


Salzbourg a beau ne pas être pour moi un festival lyrique avant tout, on y voit tout de même par ci par là un peu d’opéra. Je n’ai eu aucun mal à résister à La Bohème vendue pour Madame Netrebko ; mais j’ai tout de même cédé à quelques spectacles non dépourvus d’intérêt, au moins sur le papier.
Comme beaucoup de mélomanes, j’ai été vivement attiré par l’annonce d’une Ariane à Naxos de Strauss dans sa version originale, celle de 1912, appuyée sur Le Bourgeois gentilhomme de Molière et privée du magnifique prologue qui est sans doute ce que j’aime le mieux de tout l’œuvre de Strauss.

mercredi 1 août 2012

Aix-en-Provence, terre inconnue

Le hasard a fait que, pour la première fois, mes pas m’ont porté en ce mois de juillet au Festival d’Aix-en-Provence, Festival International d’Art Lyrique où je me suis naturellement employé à ne pas voir que de l’opéra, loin de là. J’en ai d’ailleurs profité pour faire quelques critiques pour Resmusica, je vous les indique au passage (à propos, je n'ai pas mentionné ici que j'avais fait une critique complète des 4 volets du Ring de Munich [Nagano/Kriegenburg, avec l'éblouissante Nina Stemme : vous trouverez les 4 critiques sur ma page Resmusica).
Je ne peux m'empêcher de mentionner, même si tout le monde s'en moque très légitimement, à quel point c'est une aventure pour moi, septentrional de cœur et de raison, de partir en expédition pour ces terres lointaines et inconnues qu'est le sud de ce pays. Bref, il y a peu de chances qu'on me revoie à Aix avant un certain temps ; c'est bizarre, ce quasi-malaise...

Le Grand Saint-Jean, vu du parc, à l'arrière de la scène. Photo Musicasola


samedi 28 juillet 2012

Bayreuth, ton univers impitoyable


La Franconie n’est pas particulièrement réputée, que je sache, pour son humour (encore que l’humour bavarois de manière générale, vu de France, puisse nécessiter quelques adaptations). Pourtant, une petite ville isolée tient année après année à livrer sa dose de comédie avec cette opiniâtreté bien bavaroise dans le respect des traditions qui fait l’admiration ou du moins l’étonnement du monde entier. Cette petite ville s’appelle Bayreuth, et un compositeur de la seconde moitié du XIXe siècle a eu l’idée étrange d’y fonder un festival, ce dont il se serait évidemment bien gardé s’il avait pu deviner que 129 ans après sa mort il aurait le malheur d’y être représenté par ses propres descendants. La livraison de comédie cette année est particulièrement dense et solide.

lundi 11 juin 2012

Journal de bord - 18-28 mai 2012

18 mai 2012, Metz – Mort de Dietrich Fischer-Dieskau. Je n’aime pas les nécrologies, mais il n’y a pas que ça. D’abord, je m’intéresse toujours plus à un chanteur vivant, actif, que je peux aller voir dans ce seul lieu possible pour la musique qu’est la salle de concert. Ensuite, parce que le souvenir de Fischer-Dieskau n’est pas si positif pour moi. Oui, j’ai un peu appris le lied avec lui, même si je ne l’ai jamais vu sur scène (son rival Hermann Prey si, une fois en 1995, pour une Belle Meunière crépusculaire et bouleversante). Mais aujourd’hui ? Je comprends l’émotion de ses successeurs directs, les Liedersänger barytons d’aujourd’hui, Christopher Maltman, Dietrich Henschel, le jeune retraité Thomas Quasthoff, Michael Volle, sans oublier Christian Gerhaher que j’aurai le plaisir d’entendre deux fois cet été. Mais voilà : l’art de Fischer-Dieskau, cette diction presque pédante, cette bonne éducation sans faille, cela ne me parle plus guère. Pour le Lied – et pas seulement – je préfère le monde version 2012 au monde version 1970. Saint Christian plutôt que saint Dietrich.

25 mai 2012, Sarrebruck – Début d’un court périple en Allemagne avec le Festival Perspectives, petit festival de théâtre franco-allemand, situé dans une ville proche de la France mais hélas fort laide. Monsieur Dagacar et la tectonique dorée de l’ordure, c’est le titre : du « théâtre documentaire », qui présente en scène d’authentiques ramasseurs d’ordures d’Istanbul, qui racontent leur histoire et leur vie, avec l’aide du collectif berlinois Rimini Protokoll, spécialiste de la chose, et pas inconnu à Avignon (non, je ne dis pas « en Avignon »). C’est intéressant, parfois drôle, pas du tout le spectacle sinistre et moralisateur que certains auront peut-être attendu des lignes précédentes ; on n’y reçoit pas non plus de grandes révélations qu’un simple reportage de magazine aurait ignorées – et ce beau moment n’est pas non plus le grand moment d’humanité qu’aurait pu être ce spectacle si… si… si par exemple l’authenticité affichée s’était accompagnée d’un peu plus de théâtre, disons. Comment disait-il, ce cher Rameau ? Cacher l'art par l'art même, non ?

26 mai 2012, Heidelberg – Parfois, on atterrit un peu par hasard à un spectacle. Ici, Long voyage du jour à la nuit d’Eugene O’Neill, pièce que j’avais jusqu’alors évitée tant mon attirance pour ce théâtre ultra-psychologisant et sensationnaliste du milieu du siècle passé est faible (merci, j’ai déjà donné avec Tennessee Williams et Edward Albee). Alors, au programme : alcool (le whisky, c’est bien, mais vous ne pourriez pas passer au vin ou au schnaps de temps en temps pour changer ?), dépression, enfant mort qui pèse sur la conscience de tout le monde, avarice, tuberculose, couple, relation mère-fils, relation père-fils, misère sexuelle, amour-haine, haine de soi… Oui, tout ça en deux heures. Il ne manquait vraiment qu’un peu d’inceste, et le manuel de psycho était complet. Efficace mais ringard, ringard mais efficace. Direction les oubliettes.

27 mai 2012, Heilbronn – Heilbronn, c’est vraiment une ville désespérée, mais l’appel des Noces de Figaro montées par Jan Philipp Gloger à Augsbourg, dont je vous avais déjà amplement parlé, a été le plus fort : me voilà donc à Heilbronn, ville dont les qualités ne sautent pas aux yeux, mais qui, faute de présenter une saison lyrique faite maison, invite des spectacles de maisons voisines. 26 € en première catégorie : on aurait bien tort de ne pas se faire plaisir. Moi qui me disais qu’il faudrait ne pas aller voir les Noces trop souvent, me voilà à voir ce spectacle créé en décembre 2010 pour la 3e fois… Et j’en suis sorti tout aussi secoué que les deux premières : voilà des Noces où on rit, où on est bouleversé, où toute la force de l’humour, des faux-semblants, de la pudeur mozartienne explose. Et quelle troupe ! N’en citons qu’une : Cathrin Lange, magnifique Susanna, aussi vive vocalement que scéniquement. Rien que la voir troublée pendant le premier air de Chérubin, ça vaut toutes les stars hollywoodiennes du festival de Cannes. Je parlais l’autre jour d’Hélène Guilmette : c’est un peu pareil avec Cathrin Lange, voilà des chanteuses dont on se dit, rien qu’à les voir, qu’il n’y a peut-être pas de quoi regretter le temps de Montserrat Caballé et de Luciano Pavarotti.

28 mai 2012, Stuttgart – J’aurai donc dû ma première visite dans la maison dirigée par l’immense metteur en scène Jossi Wieler aux hasards d’un train complet qui me pousse à rester un peu plus longtemps sur place. Au programme : Elektra, un des opéras que j’aime le moins d’un compositeur que j’aime toujours moins, bruyant et caricatural – mais dans une mise en scène de Peter Konwitschny, un des doyens valeureux de cette scène allemande si bouillonnante. Pas de grandes révélations ici comme celles qu’il nous avait offertes dans son Parsifal munichois, quelques idées moins bonnes, mais une production intelligente et efficace, portée par deux chanteuses remarquables : Barbara Schneider-Hofstetter, une Électre vocalement non sans défaut (on peut se passer des consonnes quand l’orchestre couvre, n’est-ce pas ?), mais admirable bête de scène, sans grands effets, mais avec une troublante présence scénique ; et Renée Morloc, qui ne rivalise pas avec les incroyables sortilèges de Waltraud Meier (Salzbourg 2010) du strict point de vue vocal, mais qui, dans un registre plus proche du parlando détimbré habituel, offre un régal de déclamation, plein d’intelligence et très présent.

jeudi 17 novembre 2011

Salzbourg 2012 : à droite toute (2)

Et voilà, Salzbourg suite...

Si vous ne le reconnaissez pas, il est vraiment urgent que vous alliez à Salzbourg


lundi 3 octobre 2011

Ring-Saga, Wagner ensablé au milieu du gué

Il arrive qu’il ne soit pas très agréable d’écrire une note de blog. Quand on aime le spectacle, tout va bien, ou presque – il faut tout de même essayer d’être à la hauteur. À l’inverse, il est plutôt amusant de tirer à vue sur tel ou tel spectacle, façon Opéra de Paris (je regrette de ne pas pouvoir participer la curée actuelle sur le Faust mis en scène par Jean-Louis Martinoty, ils ont l’air de bien s’amuser – même l’ultra-réac, ultra-joellien André Tubeuf s’y met – mais je ne suis quand même pas fou au point d’aller m’ennuyer 4 h à Bastille pour ça). Ring-Saga, c’est autre chose : me voilà face à un des projets les plus intéressants de ces dernières années, un des plus novateurs en apparence, qui s’effondre doucement sur lui-même comme une pomme cuite. Avec élégance, certes, mais sans salut possible.
Lionel Peintre (Alberich)

mercredi 20 juillet 2011

Musiques estivales

Comme vous le voyez, ce blog a pris une petite pause (pas moi, juste le blog) ; mais pas d'angoisse, l'été va être chargé et j'ai et aurai beaucoup de choses à vous raconter - par exemple sur "ma" page Resmusica, où vous pouvez d'ores et déjà trouver ma critique du récent Saint François d'Assise de Messiaen à Munich (sans doute la représentation d'opéra la plus agaçante de la saison), mais bien sûr en premier lieu ici même. Pendant ces quelques jours, je n'ai pas rien fait, soyez-en sûr : j'ai ainsi appris
  • qu'Erfurt est une bien jolie ville avec un patrimoine médiéval surprenant ;
  • qu'il n'est pas forcément bon qu'un metteur en scène reprenne trop à son compte les principes énoncés par les personnages de l'oeuvre qu'il met en scène, ainsi de la jeune Américaine Lydia Steier, qui a fait sienne l'aversion pour tout travail que proclame le prince Danilo dans La Veuve joyeuse à Weimar (j'apprends pourtant qu'elle a travaillé avec Bieito et Wieler, ce qui ne se voit guère) ;
  • que tout n'est pas perdu pour le Festival de Salzbourg malgré l'arrivée au pouvoir de l'ultra-conservateur Alexander Pereira, puisqu'à côté d'idioties commerciales (La Bohème avec Netrebko ! au festival de Salzbourg !), on nous annonce sous la direction d'Ingo Metzmacher une production des Soldats de Bernd Alois Zimmermann, l'une des oeuvres phares de l'après-guerre lyrique, que je n'ai jamais vue sur scène ;
  • que Roland Petit est mort, mais je m'en moque un peu (la nécrologie est un sport assez vite lassant, et j'ai autant de bons que de mauvais souvenirs de lui) ;
  • que la province française est décidément irrécupérable, puisqu'au lieu de s'abêtir dans la résurrection du très heureusement oublié répertoire petit-bourgeois français dans des mises en scène certifiées mortes elle s'obstine à faire vivre le répertoire baroque, ainsi des Indes Galantes à Toulouse et d'Alcina à Bordeaux, qui plus est dans une mise en scène du remuant David Alden : les conservateurs auront intérêt à faire le voyage pour la première, ils auront l'occasion pour la première fois depuis longtemps d'exercer leurs gosiers à huées depuis trop longtemps à l'abandon ; 
  • et bien d'autres choses encore, mais ma mémoire est limitée...
À très bientôt pour d'autres aventures musicales !
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