dimanche 20 janvier 2013

Journal d'hiver - Berlin décembre 2012




Quelques mots rapides pour un séjour berlinois de Noël : je ne vais pas rentrer dans les détails pour un Chevalier à la rose brillamment distribué et très agréable à la Staatsoper - dans son havre provisoire du Schillertheater, que j'aime toujours beaucoup -, parce que j'en ai fait une critique pour Resmusica : Röschmann, Kožená, et Rattle à la baguette, et la délicieuse Anna Prohaska en prime, ce n'est pas mal, décidément ; de même, vous irez vous faire vous-même sur Dansomanie une idée de l'état du Staatsballett Berlin à l'occasion de deux représentations pas tout à fait enthousiasmantes du par ailleurs merveilleux Roméo et Juliette de John Cranko - c'est un peu embêtant de remonter un ballet pour une star (Polina Semionova) et de la voir partir trois mois plus tard...

Je n'ai pas fait de critique, en revanche, pour La petite renarde rusée de Janáček, donnée à la Deutsche Oper comme opéra de Noël pour les petits enfants, dans une production décorative qui n'a pas très bien vieilli (mise en scène Katharina Thalbach en 2000, du reste remontée sans soin, ni scéniquement ni musicalement). Je n'ai rien contre le public familial, mais je ne vois pas quel profit il peut y avoir à laisser des enfants bavarder pendant une heure et demie, avec des parents qui semblent chercher à accroître la distraction des gamins au lieu d'attirer leur attention sur ce qu'ils voient (à tel point que certains gamins sont visiblement agacés par  les caquetages superflus de leurs parents). Chers parents, si vous pensez vous-mêmes que ce que vous montrez à votre enfant ne peut que l'ennuyer et qu'il faut absolument lui causer pour le réveiller, pourquoi le menez-vous au supplice ?
C'est d'autant plus dommage, évidemment, quand il s'agit d'un chef-d’œuvre musical et dramatique comme la Renarde, qui ne vaut pas moins, pour moi que Wozzeck ou Pelléas : une œuvre de tout premier plan, qui est très loin des clichés qu'elle suscite nécessairement (parce qu'il y a des animaux, parce que ça vient d'Europe centrale, parce que c'est rural...), de la même façon que les gens croient que De la maison des morts est un opéra sinistre.

Mais j'ai fini l'année 2012 de façon plus positive, en allant revoir dans la belle Volksbühne dont je n'avais jamais vu les spectacles qu'en tournée jusqu'alors le sublime Amour foi espérance d'Ödön von Horváth  mis en scène par Christoph Marthaler, dont je vous avais déjà parlé longuement. Que dire ? Des beaux spectacles, des spectacles parfaits, intelligents, émouvants, il y en a beaucoup, et si je commençais à vous faire la liste de ceux qui me viennent à l'esprit, vous crieriez vite pitié. Et puis, dans tout ça, de temps en temps, vient LE spectacle qui est fait pour vous, qui respire avec vous, où un cordon ombilical vous relie avec la scène et avec les artistes. Ce spectacle est pour moi un de ces spectacles.

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